Bas les pattes ! Je ne suis pas ce genre de voiture

26 mai

En France, les seuls autocollants ambulants qu’on a sont pour clamer son amour de la Bretagne ou de Groland. En revanche, ils sont beaucoup plus inventifs et variés outre-Atlantide.

Si nos bagnoles pouvaient parler, elles ne baragouineraient pas de la poésie mais des slogans politiques, militants ou simplement insultants. Et elles le peuvent. Pas par le biais des klaxons améliorés, mais par celui d’autocollants pour pare-choc arrière.

Le bumper sticker, rectangle de 7×25 centimètres, est là pour crier au conducteur qui nous suit qu’on n’est pas comme lui ou que Jésus va le sauver ou qu’il roule trop près de nous. Si cette tradition un peu beauf n’est jamais arrivée jusqu’en France, c’est parce que nous n’avons presque pas de soldats qu’il faut rapatrier, et qu’on n’est pas spécialement férus de Dieu ou de pop culture au pays des Lumières.

Fumeurs de chichon et fous de Dieu

Ode à l’individualisme forcené au même titre que les t-shirts à message — même si 200 000 conducteurs ont le même —, les bumper stickers s’adressent à tout type de conducteurs : démocrates libéraux, conservateurs, fumeurs de chichon, fous de Dieu, défenseurs de l’avortement… On en trouvera toujours un qui nous correspond. Ces autocollants représentent tout ce que l’Amérique comprend de plus cool (chat de Schrödinger même s’il était Allemand, féminisme, etc.) et de pire (peur de l’immigration, intolérance, peine capitale…)

Le bumper sticker le plus approprié restera tout de même celui qu’on écrit soi-même. Cependant, exposer son point de vue à la vue de tous sur des sujets sensibles n’est pas sans risque. Et si un gaucho allumé décidait de crever le pneu d’un plouc redneck parti acheter ses pornos dans une station-service parce qu’il a un autocollant anti-immigration sur le cul de son 4×4 ? (Comme « C’est la frontière, idiot », « Se habla « rentrez chez vous » aqui », « Les Mexicains sont des travailleurs sérieux ? Alors pourquoi ils ne travaillent pas sérieusement pour améliorer le Mexique ? ») Et inversement, et si un bigot brisait la vitre d’une militante des droits de homosexuels (« J’aime mes mamans lesbiennes », « Les hétéros ne me dérangent pas, tant qu’ils agissent en homo en public ») ?

En attendant, si vous en voyez un sur l’autoroute, ne louchez pas trop dessus au risque de vous emplafonner dedans !

Mais que fait l’Eropolis ?

26 mai

Le salon itinérant de l’érotisme a installé ses stands au Bourget trois jours, du 12 au 14 mars 2010, pour le plus grand plaisir de la crème des onanistes beaufs.

15 euros. Une file d’attente de vingt minutes. Puis un grand hangar sombre et bruyant, qui contient un marché aux puces empli de godemichés géants. Un bar « lounge », tente pleine à craquer. Il y a un attroupement d’hommes ravis et ahuris et vociférants des « Hé Manu viens voir ! » et filmant avec leur portable. L’objet de leur attention ? Une « performeuse » en petite tenue qui se masturbe en gémissant, les yeux mi-clos (pour ne pas voir les faciès extatiques des spectateurs échaudés qui la zieutent ?)

Cocotier métallique

Sur scène, une strip-teaseuse enserre le pool-bar de ses guibolles arachnéennes comme s’il s’agissait d’un cocotier métallique. C’est la seule attraction gratuite du salon. Sinon, on peut payer 60 euros pour un tête-à-tête « pénétrant » avec le sosie officiel français de Pamela Anderson, par exemple.


Un gros gars paye 300 euros pour se faire mouler le torse par une plasticienne, qui a probablement un autre métier à côté. Elle passe de la vaseline sur son corps mou et poilu. Un peu plus loin, une peintre de dimanche en corset et string fait onduler sa chevelure blonde tandis qu’elle apporte de petites touches de pinceau sur une toile, croupe offerte. Les photographes, amateurs et professionnels, mitraillent.

Les femmes et jeunes filles qui sont main dans la main avec leur ami ou mari vont et viennent paisiblement, curieuses, demandant une démonstration du légendaire vibromasseur Rabbit ou causant épilation permanente avec des esthéticiennes.

L’une glisse à son mec, amusée : « Si je te connaitrais pas et que tu m’emmenais là, je te prendrais pour un pervers ! »

(Photo : Arthuro Smokeo/Flickr)

Mal au cul

26 mai

Le brûlot féministe décrié de la germano-britannique Charlotte Roche (ancienne  de la très bonne émission Tracks sur Arte) sort en format poche ! Dans Zones Humides, Hélène, ado curieuse très « en avance sur son âge » et « portée sur la chose » comme disent les gens bien, se retrouve à l’hosto pour soigner une vilaine fissure anale. Au menu : descente teenage dans les maisons closes, multiplication des partenaires et expériences sexuelles et apologie pour une hygiène intime douteuse. Un pamphlet militant, plutôt mal écrit et contenant pas mal de longueurs, qui donne souvent la nausée, certes, mais salutaire.

Zones Humides de Charlotte Roche, 5,50 euros, J’ai Lu.

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